Qui fait mes fringues ?

Traduction du très populaire hashtag :
#WHOMADEMYCLOTHES

6 ANS APRÈS LA CATASTROPHE DU RANA PLAZA, LA MOBILISATION RESTE PLUS QUE JAMAIS NÉCESSAIRE … s’exprime la créatrice de mode engagée Carry Somers.

Le 24 Avril 2013 à Dhaka au Bangladesh, le nom du Rana Plaza est devenu tristement célèbre dans le monde entier. L’effondrement des ateliers de confection textile a causé la mort de 1138 personnes et plus de 2500 personnes ont été blessées.

Le contexte

Quand on y réfléchit, on se dit que l’on a beaucoup de chance suivant l’endroit où on est né . Et là, je t’avoue que je me sens vraiment reconnaissante pour la qualité de vie que nous vivons chez nous en Hexagone.

Certaines hypothèses mettent beaucoup en cause le dérèglement climatique pour expliquer la situation économique actuelle de ce si beau pays.

Avec une moyenne de salaire national autour de 100 € par mois, le pays est très attractif en terme de mains d’oeuvre. Et si tu cherches sur ton étiquette, tu as plus de 5 chances sur 10 de tomber sur du Made in Bangladesh.

Les risques de la fast fashion

Copyright : Dr. Christina Moon

La fast fashion brièvement, c’est l’ensemble des marques qui nous proposent plusieurs fois par saison, voire plusieurs fois par mois le renouvellement des vêtements.

Le Rana Plazza n’est que le triste symbole très visible pour ne pas dire ostentatoire de la réalité des ateliers de fabrication textile conventionnels. Je te parlerais des matières premières une prochaine fois.
La veille de l’effondrement, des fissures sont remarquées dans l’immeuble fragile de par sa construction rapide et non aux normes.

Le jour même, les employés des ateliers de confection sont menacés de perdre leur salaire et acceptent malheureusement de reprendre leurs postes. Ce serait l’utilisation de groupes électrogènes situés sur le toit qui aurait déclenché des secousses et la chute de tous les étages de l’immeuble où se trouvaient plus de 3000 personnes.

Des marques familières Mango, Benetton, Denim Co., Primark, Papaya Denim sont confirmées et, des étiquettes de vêtements Carrefour (marque Tex), Auchan (marque In Extenso) et Camaïeu sont « seulement » retrouvées dans les décombres du Rana Plaza.

EN CHINE, DES ENFANTS COUPENT LES FILS DÉPASSANT DES JEANS POUR 1,5 CENTIME D’EURO PAR PANTALON
Parmi les 60 millions de travailleurs de l’industrie textile dans le monde, 68 % sont des femmes jeunes, peu qualifiées, et des enfants selon un article de économie matin.
Salaire : 1,5 centime d’euro par pantalon.



La Chine en producteur n° 1 fabrique 33 % des exportations de textile dans le monde (44 % de celles en Europe). Face à la hausse du salaire moyen en Chine depuis 2010, la marque commandent au Bangladesh (désormais trois fois moins cher que la Chine), le Pakistan ou le Vietnam.
Le Bangladesh est devenu le n° 2 mondial. Son économie repose largement sur cette industrie. Les 30 milliards de dollars d’exportations du secteur textile représentent 80 % de ses exportations totales . Des millions d’ouvriers sont employés à bas coûts dans près de 4 500 ateliers, fabriquant à tour de bras des vêtements pour les distributeurs occidentaux comme H&M, Primark, Walmart, Tesco, Carrefour et Aldi.

70 % des vêtements achetés en Europe sont produits en Asie, mais les pays du Maghreb et d’Europe de l’Est aussi sont populaires. Plus proches et pratiquant parfois des salaires plus faibles qu’en Chine, ils sont sollicités pour les commandes de mi-saison ou de réassort selon toujours Economie Matin.
Je te mets en lien un article sur les conditions de travail dans certains pays d’Europe. Tu risques d’être étonné.e.

Les choses évoluent !

Au Bangladesh, en janvier 2019, des milliers d’ouvriers du textile se sont mis en grève pour réclamer de meilleurs salaires.

La mode éthique fait de plus en plus parler d’elle ! Le seconde main et l’artisanal se démocratisent timidement mais sont tendance. (Voir l’infographie de KELCOM)
Les marques H&M, Bonobo, Cheap Monday se lance dans le coton bio et recyclé et des capsules éthiques.

« Agissons tous ensemble pour que l’industrie de la mode s’engage et prenne la parole pour la FASHION REVOLUTION WEEK 2019 » Carry Somers

Chaque année, à la date de commémoration du Rana Plaza, le FASHION REVOLUTION DAY est célébré dans plus de 130 pays. Le but, inciter chacun.e à consommer la mode autrement, à s’interroger sur ceux.elles qui la fabriquent et à réfléchir aux atteintes portées à l’humain et à l’environnement tout au long de ce processus complexe.
J’espère avoir semé une petite graine ici mon abeille car la fast fashion n’est pas gratuite, quelqu’un quelque part paie !

Sources :
Le dérèglement climatique au Bangladesh
Qui est derrière l’étiquette par economie matin ?
Les conditions de travail dans la fast fashion en Europe
Infographie Mode éthique
Bonne conscience ou calcul financier chez LSA

Copyright Photo : Pixabay



5 réflexions sur “Qui fait mes fringues ?

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