Artisanat : Quel est le juste prix ?

Ce n’est un secret pour personne, ici, on est très très fan des objets artisanaux ! Et nous ne sommes pas les seuls puisque l’artisanat de partout dans le monde, connait un bel engouement ces derniers temps. Seulement voilà, les chaînes de production industrielle l’ont bien compris et s’inspirent (pour ne pas dire imitent) nombre de ces objets, quitte à les mettre en danger. C’est le cas pour les paniers sénégalais et le Bolga du Ghana entre autres largement copiés en Chine et au Vietnam !

L’artisanat vs la production à grande échelle

Face au produit fini, il est parfois difficile de percevoir les différences qui existent entre les deux modèles de production. Elles ne se voient pas toujours au premier coup d’œil, surtout si l’ont n’est pas connaisseur.se. Et pourtant, elles existent bel et bien, notamment sur les prix de vente. En effet, les techniques de production industrielles permettent des économies d’échelle que les artisans ne peuvent pas égaler car ils sont revendus sur de nombreux sites de maison et déco à partir d’une dizaine d’euros !

Et les coulisses des prix bas, ce n’est pas toujours joli joli. Les bas prix impliquent une production de masse, de la fabrication à la chaîne dans des conditions de travail indignes et des emplois sous-payés. La production d’objets bons marché se fait souvent au dépend des travailleurs, du respect des traditions et de la qualité des produits. Ils représentent une concurrence déloyale et menaçante pour les artisans, qui se voient parfois obligés de baisser leurs tarifs ou d’abandonner leur activité pour faire face.
Et il n’est pas difficile de comprendre que de telles pratiques peuvent très vite mettre en danger l’activité d’une région ou le fonctionnement d’une communauté et l’existence de savoir-faire ancestraux.
Évidemment, la notion de « bonne rémunération » est très différente d’un pays à l’autre en fonction des niveaux de vie et des revenus moyens de chaque pays. Il est donc difficile de dresser un tableau précis du ”vrai prix” de l’artisanat. Mais, on peut tout de même réfléchir à ce qui se cache derrière la fabrication d’un objet artisanal, pour nous aider à définir ce que serait le prix juste de l’artisanat.


Dans les coulisses d’un objet artisanal

Le choix des matières premières, les connaissances, l’expérience, le temps de travail, le temps d’apprentissage et de transmission, la préservation des traditions, de la culture et parfois de tout un système social… un objet artisanal recèle beaucoup de valeurs et d’histoires.
Nana a décidé d’aller prendre un panier du Sénégal directement dans la boutique (tout simplement !) pour vous montrer ce qui se cache derrière :

  • Des matières premières locales et naturelles : Les paniers sénégalais sont simplement fabriqués à base la paille et de rafia ou de roniers, récoltés, séchés puis travaillés sur place.
  • Une technique de travail : Les brins de paille et de rafias sont patiemment tressés à la main, avec des matériaux naturels (comme du coton) ou savamment enroulé avec du plastique recyclé. Les brins aussi peuvent être recyclés pour leur donner du caractère et de la couleur. C’est ce qui fait de chacun de ces paniers un modèle unique.
  • Des teintures naturelles : certains tissus sont teints à l’aide de plantes ou de poudre de plantes, de la boue et des écorces comme le bogolan même s’il l’on peut de plus en plus observer l’utilisation de peinture moderne pour le ronier par exemple.
  • Le temps de travail : une semaine moins une semaine pour terminer un panier, dont 3 jours de tressage.
  • Conditions de travail : Les paniers sont produits en petites quantités, car il s’agit d’un travail manuel de longue haleine. Les artisans prennent ainsi le temps de fabriquer les paniers dans les règles de l’art et en étant sûrs de la rémunération que génèrera leur artisanat. Ce revenu est fixé afin de pouvoir rémunérer le travail de l’artisan afin qu’il puisse vivre décemment de son activité, mais aussi pour que cette activité soit suffisamment intéressante financièrement pour continuer de l’enseigner aux générations futures.
  • L’importation : À savoir le transport et le dédouanement, un dernier coût est aussi à prendre en compte, c’est celui du transport. Un coût qui nous permet de profiter de l’artisanat sénégalais de chez nous tout en offrant aux artisans l’opportunité de pouvoir vivre de leurs savoirs-faire depuis chez eux.

La beauté, l’unicité, la diversité, les savoirs-faire, les traditions, l’éthique… voilà tout un paquet de raisons d’aimer et d’apprécier les objets artisanaux à leur juste valeur.
Et si vous souhaitez en savoir plus sur les fameux bolga, c’est par ici.

Des objets faits mains que vous chérissez chez vous ? On est curieuses de savoir !

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